Dernières heures de vie d’un dindon

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Par : Christelle Baccigotti

Au mois de juin 2014 nous avons été à la rencontre de dindons devant un abattoir spécialiste de l’abattage de ces oiseaux, se trouvant au Québec.

En arrivant sur les lieux nous avons rencontré quelques uns de ces jeunes oiseaux attendant d’être abattus, et ce superposés et entassés dans plusieurs camions immobiles sur le stationnement de l’abattoir. Les dindons semblaient se reposer de leur voyage surement terrifiant via l’autoroute, certains d’entre eux paraissaient même s’endormir.

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À cet instant je ne pouvais m’empêcher de m’imaginer la façon dont ces êtres vivants avaient été chargés quelques heures plus tôt, en général d’une manière très brutale puisque les employés effectuant cette tâche ont une grande quantité d’animaux à charger en un temps limité, alors les oiseaux sont fréquemment soulevés par les pattes et littéralement jetés dans les camions comme de la vulgaire marchandise.

En nous approchant de plus près afin de les prendre en photo nous avons déclenchés chez eux un petit vent de panique puisque notre présence les terrifiait. Apeurés, les dindons cherchaient à se cacher les uns derrière les autres s’éloignant le plus possible de nous.

Les malheureux étaient tellement effrayés de leur voyage qu’ils n’ont pu s’empêcher de se souiller de leurs excréments, et qui plus est dans des cages avec un fond de plastique sans litière, les faisant glisser au moindre sursaut de peur.

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Leurs langages corporels témoignaient des grandes souffrances tant psychologiques que physiques. Les becs coupés, plusieurs blessures, les plumages sales, dénués de plumes à divers endroits. Terreur, panique, détresse, confusion; je ne voyais là que des animaux détruits par l’industrie de la viande trop gourmande de satisfaire les papilles gustatives et les poches toujours plus grandes des businessmans.

La suite pour eux ne sera guère plus joyeuse puisque ces êtres vivants qui respiraient devant moi à ce moment là, attendaient d’être découpés en morceaux, pour ensuite être soigneusement emballés afin d’être distribués dans divers épiceries et restaurants, et ce dans l’illusion totale parce-que  »la viande c’est trop bon »!

Une vie de misère.

La courte vie d’un dindon d’élevage n’a rien de plus à envier que la façon dont il sera tué.

En effet, les dindons sont mutilés dès les premiers jours de leur naissance puisqu’ils se voient couper le bec (technique couramment employée dans l’industrie de la viande de volaille et de l’œuf afin d’éviter le cannibalisme et l’automutilation chez les animaux dû aux conditions d’élevage extrêmes) puis ils sont envoyés dans des hangars la plupart du temps sans disposition de lumière naturelle où les oiseaux seront confinés durant les 11 à 17 semaines de leur croissance et sans que la litière ne soit changée du séjour pour ensuite être jetés dans des camions les menant à une mort violente dans le stress intense.

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Aussi ces oiseaux font face à des problèmes osseux douloureux qui se trouvent être très courants dans l’élevage de dindons et de poulet de chair dû à la sélection génétique qui offre un trop plein de muscle pour une structure osseuse incapable de suivre le rythme, tout cela dans le but de produire en quantité maximum sur de courtes périodes.

Pas d’animaux dans mon assiette.

Les dindons ne sont pas les seuls animaux à être malmenés ainsi, puisque les cochons, les bovins, les caprins, les poulets de chair, les poules pondeuses et bien d’autres sont victimes de l’industrie alimentaire aussi sévèrement que les dindons. Traiter les animaux de cette façon pour des raisons aussi superficielles que le profit et le plaisir gustatif est immoral au plus haut point.

Rappelons que nous sommes au 21ème siècle et que nous vivons au cœur d’un pays développé où nous avons la chance d’avoir accès à un large choix de divers aliments se qui nous donne ce choix de lier l’éthique à l’agréable lors de nos repas.

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Parce qu’il a été prouvé qu’une alimentation végétalienne équilibrée est bénéfique pour notre santé, tout comme il a été prouvé que les animaux non-humains ressentent des émotions très similaires aux notre comme la joie, la tristesse, l’envie de vivre et de ne pas souffrir, ils sont capables de jouer, d’aimer, de ne pas aimer, d’avoir des goûts, des envies, ils possèdent tous un caractère unique et une personnalité propre à chaque individu de chaque espèce.

Eux aussi méritent le respect et le droit à la vie, alors réfléchissons avant de manger.