Opening speech for the first March to Close Down all Slaughterhouses – Montreal 2014 (+traduction française)

EVERY TWELVE SECONDS by Jo Frederiks Inspired by a photo of Jo-Anne McArthur

EVERY TWELVE SECONDS by Jo Frederiks
Inspired by a photo of Jo-Anne McArthur

Opening speech for the first March to Close Down all Slaughterhouses – Montreal 2014

By Marion Achoulias  (Traduction française plus bas)

Please hear this from a slaughterhouse worker:

“If you work in the stick pit [where hogs are killed] for any period of time—that situation let’s you kill- but it doesn’t let you care. You may look a hog in the eye that’s walking around in the blood pit with you and think, ‘God, that really isn’t a bad looking animal.’ You may want to pet its face. Pigs down on the kill floor have come up to nuzzle me like a puppy. Two minutes later I had to kill them- beat them to death with a pipe. … I can’t care.”

We do not often hear from the nameless and faceless humans who do the dirty work. They are the “knockers,” “shacklers,” “stickers,” and “gutters”. Yes, many—lose control, vent their anger by torturing the victims even more. They rip the heads off of chickens, play football with live turkeys, and poke pigs in the eyes with electric prods- You all have seen the footage!  But are these rare cases of sadism?

All animal use for human purposes is inherently violent.  The force required to confine, to forcibly breed, and to kill — to kill those who do not want to die- undeniably takes an emotional and moral toll on the perpetrator.

“It really does something to your mind,” said one worker to me once, “when you stand there in all that blood, killing so many times, over and over again. The chain doesn’t stop. It never stops. The cows are getting hung alive, they blink, they moan… The chain keeps running”

We have more and more evidence now for the extreme psychological effects of being exposed to such suffering, struggle, killing. Let’s not forget- each and every animal of the billions killed – they struggle.

There are human consequences of the active participation in institutionalized violence against other animals including domestic violence, social withdrawal, drug and alcohol abuse, and severe anxiety. The way we torture and exploit them is not only self-destructive from an environmental and health perspective, it undermines our very humanity, not to say sanity.

It seems that consumers of animal products actually expect farmers and slaughterers to be better than themselves.  To treat cows and chickens with respect –those very same animals that the rest of society regards as mere objects and the law considers property.  Are we so naïve to expect the exhausted slaughterer to be gentle and kind- to each of the 6 chickens per minute whose broken legs she is paid to jam into metal stirrups of the kill chain?  We are asking these slaughterhouse workers to do the impossible; to do the absurd.

The dream of the rational and disciplined slaughterhouse worker is the same nightmare of the “dutiful” concentration camp guard. How can we possibly believe in the myth of “humane” slaughter –carried out by calm and well- balanced individuals? Do you believe there is one sane child in this world who dreams of becoming a –really good- slaughterer one day- the best of them all?

KARA’s stance is clear: justice means abolition.

I recommend the following readings:

“Slaughterhouse” by Gail A. Eisnitz
http://www.animalstudies.msu.edu/Slaughterhouses_and_Increased_Crime_Rates.pdf
“Socialists and Animal Rights” by Jon Hochschartner


Discours d’ouverture pour la première Marche pour la Fermeture des Abattoirs – Montréal 2014.

Traduction : Claire Pochon

Voici le témoignage d’un travailleur d’abattoir :

‘Quand vous travaillez pendant un certain temps dans le ‘stick pit’ (la fosse de mise à mort) où les porcs sont tués, vous pouvez tuer, mais vous n’avez pas la possibilité d’éprouver quelque chose. Vous pouvez regarder le porc droit dans les yeux quand il se se trouve à l’endroit où il doit être abattu et vous pensez : ‘Mon Dieu, ça n’est pas un animal si moche que ça’. On peut même avoir envie de lui faire une caresse sur la tête. J’ai vu des porcs sur le plancher d’abattage venir se frotter contre moi comme des chiots. 2 minutes plus tard il fallait que je les tue, que je les batte à mort avec un tuyau…je ne peux pas avoir de sentiments envers eux.’

Il est rare qu’on entende la voix de ceux qui n’ont ni nom ni visage et qui font la sale besogne. Ce sont les ‘knockers’ les ‘shacklers’ les ‘stickers’ et les ‘gutters’. (Ceux qui cognent Ceux qui enchaînent Ceux qui tabassent Ceux qui étripent)

Oui, bon nombre d’entre eux perdent le contrôle, se déchargent de leur colère en torturant davantage leur victime. Ils arrachent la tête des poulets, jouent au football avec des dindes encore vivantes, et enfoncent des aiguillons électriques dans les yeux des cochons. Tout le monde a vu ces images. Mais ces cas de sadisme sont-ils rares?

Toute utilisation des animaux par les humains est violente par définition. La force est utilisée pour les confiner, les nourrir et les tuer (tuer ceux qui ne veulent pas mourir) et il y a indéniablement des conséquences morales et émotives pour celui qui fait ce travail.

‘Ça fait vraiment quelque chose dans la tête’, m’a dit un travailleur une fois, ‘quand tu es là, au milieu de tout ce sang, tuant tout le temps, encore et encore.’ La chaîne ne s’arrête pas. Ça ne s’arrête jamais. Les vaches sont pendues vivantes, elles clignent des yeux, elles gémissent. Et la chaîne continue’.

Nous avons maintenant de plus en plus de preuves des effets psychologiques extrêmes sur les sujets ayant été exposés devant autant de souffrance, de lutte, de tuerie. N’oublions pas que c’est un combat véritable pour chacun des milliards d’animaux tués.

La participation active à la violence institutionnalisée entraîne des conséquences sur les humains : la violence domestique, l’abus de drogues et d’alcool, et les troubles anxieux.

La façon dont on les torture et les exploite n’est pas seulement délétèreau point de vue de la santé et de l’environnement, cela amoindrit aussi notre humanisme, et notre santé mentale.

On a l’impression que ceux qui consomment les animaux s’attendent à ce que les fermiers et les tueurs soient de meilleures personnes qu’eux-mêmes. Qu’ils respectent les vaches et les poulets, ces mêmes animaux qui sont regardés par le reste de la société comme de simples choses, et par la loi comme une propriété. Sommes-nous si naïfs pour s’attendre à ce que celui, fatigué,  qui va les tuer, soit doux et gentil avec chacun des poulets, 6 par minute, payé pour  coincer la patte cassée dans l’étrier métallique de la chaîne? On demande l’impossible à ces travailleurs des abattoirs, ce qu’on attend d’eux  est absurde!

Le rêve du travailleur des abattoirs discipliné et  rationnel est le même cauchemar du garde ‘dévoué’ du camp de concentration. Comment pouvons-nous croire au mythe du massacre ‘humain’,  exécuté par des individus parfaitement calmes et bien équilibrés? Pensez-vous qu’il existe un seul enfant sain d’esprit au monde qui rêve de devenir un jour un tueur vraiment bon, le meilleur de tous?

La position de Kara est claire : la justice, c’est l’abolition.

Lectures suggérées:

“Slaughterhouse” by Gail A. Eisnitz
http://www.animalstudies.msu.edu/Slaughterhouses_and_Increased_Crime_Rates.pdf
“Socialists and Animal Rights” by Jon Hochschartner